Pratiques n° 101-102, « Textes officiels et enseignement du français » (juin
1999)
André Petitjean
Textes officiels et enseignement du français
Raymond Michel
La lecture méthodique à la lumière des Instructions officielles : une obscure clarté
Françoise Ropé
Analyse des écarts entre les Instructions officielles et les cursus universitaires.
Jean-Pierre Benoit
Le rôle des Instructions officielles dans la configuration de la discipline Lettres
concours de recrutement
Pratiques n° 103-104, « Interactions et apprentissage » (décembre 1999)
Jean-François Halté
L’interaction et ses enjeux scolaires
Jean-François Halté
Les enjeux cognitifs des interactions
Lors dune phase de mise en commun de résultats, certaines remarques du
maître, détonant
par rapport à ses conduites précédentes, donnent à entendre quà ce moment-là
du travail
collectif un enjeu particulier vient de surgir... Une analyse des interactions
montre comment les
interventions du maître tendent, en forçant des interprétations, à la réduction
du nouveau ou
du différent, au même, au déjà collationné. Une seconde analyse, pédagogico-didactique,
révèle que le maître privilégie les "résultats" concrets obtenus par lapplication
dune règle au
détriment de la "formulation" même de la règle. Or il arrive quune stratégie
« heureuse »
amène des résultats douteux, comme il arrive quune mauvaise en amène de
bons. Cest le
cas dans la séquence considérée. En délaissant les "formulations" dun
groupe, le maître,
pressé par le temps et le but, exhausse pour la classe entière les "résultats"
dun autre
reposant pourtant sur une pratique morphologique douteuse. Il laisse alors
en plan, par défaut
détayage, un apprentissage plus vaste. Volens nolens, il y a des limites,
semble-t-il à ce qui
se négocie dans les classes les plus ouvertes à la co-construction du savoir.
(Lire l'article...)
Claudine Garcia-Debanc
Evaluer l’oral
Sil devient un objet denseignement à part entière comme y invitent les
injonctions
institutionnelles actuelles, lenseignement de loral suppose que lon
définisse de façon précise
et opératoire son évaluation. Or sa nature même en rend lévaluation délicate,
dautant plus
que les enseignants jusquici insuffisamment formés à dégager les caractéristiques
syntaxiques du français parlé, ont des pratiques très normatives. Après
avoir inventorié les
difficultés à évaluer loral, larticle de Claudine Garcia-Debanc met en
évidence les principaux
choix à réaliser. Les différents types doraux sont mie en évidence à travers
linventaire des
variables didactiques en cours délaboration dans le cadre de la recherche
INRP « Loral pour
apprendre ». Sept outils dévaluation proposés pour lécole élémentaire,
le collège et le lycée,
en particulier à propos des conduites argumentatives à loral, sont ensuite
comparés dun point
de vue épistémologique. (Lire l'article...)
Résumés des articles
Pratiques n° 105-106 « La réécriture » (juin 2000)
Présentation
Daniel Bessonnat
Deux ou trois choses que je sais de la réécriture
La question est de savoir pourquoi et comment mobiliser la réécriture dans le travail de la
classe de français, et quels problèmes cela pose. Pour ce faire, lauteur
opère un retour
réflexif sur la notion de réécriture. Il repart des définitions possibles
de la notion, en la situant
par rapport à des notions connexes comme la "correction", la "révision"
ou encore la
"reformulation", en la caractérisant de lintérieur comme un lieu de tensions
obligeant à des
arbitrages délicats, en essayant de dresser une typologie des procédures
de réécriture. Puis il
passe en revue cinq modèles de référence propres à guider le travail de
lenseignant dans sa
classe : le modèle littéraire (le tissage dans lécriture effervescente) ;
le modèle génétique (le
travail des brouillons) ; le modèle cognitiviste (les processus rédactionnels)
et deux modèles
plus spécifiquement scolaires, quil appelle, faute de mieux, linguistico-didactique
et
pédagogico-didactique, selon quil(s) met(tent) laccent sur les savoirs
à construire ou sur le
sujet scripteur. Pour conclure quil est urgent de réouvrir le débat si
on veut clarifier les enjeux
et les conditions de mise en uvre de la réécriture dans lenseignement.
(Lire l'article...)
Catherine Boré
Le brouillon, introuvable objet d'étude ?
Cet article se compose de deux parties. La première propose un examen critique
des notions
de brouillon et de réécriture, selon lacception et lusage quen fait
linstitution scolaire. Celle-ci
voit la réécriture comme une opération formelle issue de la relecture parmi
une succession
détapes, plutôt que comme un processus continu dénonciation. Quant au
brouillon, il implique
toujours, comme l'indiquent les textes officiels, dêtre un produit précédant
la recopie, selon un
usage que lécole tend à figer en norme, fixant sa forme du même coup.
Or la diversité des
situations scolaires et aussi la spécificité de lécriture scolaire inclinent
à séloigner de ces
mythes et à concevoir de façon plus large et plus souple la réécriture
et les brouillons. Le
phénomène général de la reformulation, de la paraphrase, familier à loral,
paraît beaucoup
plus justement convoqué pour rendre compte de laptitude générale à reprendre
et modifier le
déjà dit. Il impose aussi que lon suive de plus près le détail des reformulations
langagières
dans les copies délèves. Cest ce quillustre la seconde partie de larticle,
en analysant un
exemple de stratégie décriture manifestée dans une situation décriture
longue. Cet exemple
attire lattention sur la nécessité dune didactique de linterprétation
des textes d élèves, qui
noublierait pas la pragmatique et qui redonnerait sens à lactivité décriture
tout entière.
(Lire l'article...)
Daniel Bessonnat
Une année de réécriture en troisième
Comme il y a souvent loin de la théorie à la pratique, pour faire pendant
à lexamen théorique
de la notion, lauteur fait retour sur la place quil a consacrée à la
réécriture au cours dune
année de 3e, à travers un recensement quil veut le plus exhaustif possible des activités
conduitesdans sa classe. Ayant construit de manière délibérée un cycle
de travail sur le
narratif qui mobilise la réécriture à la fois de manière directe dans lélaboration
du récit et
indirecte sous forme dactivités décrochées, il saperçoit à larrivée
quil a convoqué de
manière plus ou moins consciente la réécriture également dans tous les
autres cycles de
travail, quil sagisse de la prise de notes, de largumentation ou encore
des activités de
langue. Preuve sil en est que la procédure est incontournable et quil
convient dobjectiver
davantage son rôle dans les apprentissages écrits, dans la tête de lenseignant
et aussi et
surtout dans celle des élèves. (Lire l'article...)
Résumés des articles
Pratiques n° 107-108 «Les nouveaux programmes du lycée » (décembre 2000)
Présentation
Alain Pagès
L'espace littéraire du naturalisme
Les nouveaux programmes de français pour le lycée invitent à cerner la
réalité des
mouvements littéraires, à analyser les mécanismes de la création, à réfléchir
sur les
problèmes des genres et des registres. Parmi tous les corpus littéraires
susceptibles de nourrir
une telle démarche, le corpus naturaliste est sans doute l'un des plus
riches. Et pourtant dans
la tradition critique la notion de naturalisme demeure incertaine. Deux
idées entrent en
concurrence, celles de réalisme et de naturalisme : on les utilise tantôt
de façon conjointe,
tantôt d'une manière séparée ; et on accorde à la théorie naturaliste soit
une valeur positive,
soit une valeur négative.
En faisant le point sur ce débat esthétique, cet article avance quelques
propositions sur la
façon dont on peut cependant utiliser le concept de naturalisme, et, à
travers lui, mettre en
scène, dans l'enseignement de la littérature au lycée, les phénomènes historiques
et
sociologiques qu'envisagent les nouveaux programmes. Il montre de quelle
façon on peut
saisir une cohérence interne en constituant des regroupements thématiques,
en observant la
composition des différentes générations d'écrivains, ou en utilisant les
différents parallèles
possibles (entre Zola et les Goncourt, par exemple, ou entre Zola et Maupassant).
Il s'achève
par une analyse des caractéristiques de l'écriture romanesque et par un
rappel des
polémiques qui ont marqué la réception du mouvement naturaliste. (Lire l'article...)
Bernard Combettes
Phrase, texte, discours : quels cadres pour l'étude de la langue ?
Les Instructions Officielles procèdent à une répartition des phénomènes
linguistiques sur trois
niveaux distincts : phrase, texte, discours. Cette séparation ne règle pas
la question
fondamentale de la mise en relation des faits de langue avec ces divers
domaines. On
soulignera la nécessité dintroduire dans cette problématique la dimension
cognitive, trop
souvent négligée. On essayera par ailleurs de montrer que la distinction
phrase / texte peut
être remise en question et que la prise en compte de notions transversales
conduirait à
atténuer une dichotomie trop tranchée. (Lire l'article...)
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