N° 109/110,
« Histoire de la description
scolaire »

 

« Nous voudrions proposer, ici, sous forme d'anthologie, un instrument de réflexion et de travail pour ceux qu'intéressent l'histoire des formes de la littérature ainsi que l'histoire du discours critique qui ne cesse de l'accompagner » écrit Philippe Hamon dans l'introduction de l'ouvrage qu'il a consacré à une anthologie historique de la description littéraire.

En pastichant Philippe Hamon, je dirai que nous voulons proposer, avec ce numéro de Pratiques, un instrument de réflexion et de travail pour ceux qui s'intéressent à l'histoire du discours scolaire sur la description (1).

Il s'agit de contribuer à une histoire culturelle et littéraire de l'idée de description, en focalisant l'analyse sur la scène scolaire.

Cet espace institutionnel, encore insuffisamment exploré, est pourtant un lieu carrefour, dans la mesure où il est partiellement le reflet des représentations savantes d'une époque en matière de description. Dans la mesure, aussi, où il est le creuset dans lequel s'originent les pratiques descriptives ultérieures des individus, qu'elles soient le fait d'experts de l'écriture (dont les écrivains) ou celui de scripteurs ordinaires.

Le recherche porte essentiellement (à l'exception de l'article d'Anne-Marie Thiesse) sur l'enseignement secondaire, tel qu'il s'est différemment institué et a évolué, des collèges royaux du XVIIe siècle aux collèges d'enseignement général de la fin du XXe siècle, en passant par les lycées napoléoniens ou les écoles primaires supérieures.

L'étude est loin d'être exhaustive et chaque auteur a eu la liberté de construire à sa manière l'objet de sa recherche.

L'étude est précieuse, cependant, car elle permet de mieux comprendre pourquoi et comment a évolué l'idée scolaire de description, en passant de l'enseignement de la rhétorique à l'enseignement de la littérature française, qui lui-même s'est transformé, jusqu'à devenir l'enseignement du français actuel.

Je dirai, pour conclure, qu'avec cette Histoire de la description scolaire s'achève la publication des travaux historiques sur l'institution scolaire et plus particulièrement sur la discipline « français », que nous avons menés ou édités depuis quatre ans (2).

Le dernier tiers du numéro est à lire comme un dossier proposé en complément du précédent volume de Pratiques (décembre 2000) consacré aux « Nouveaux programmes du lycée ».

C'est ainsi qu'Alain Viala explicite la notion de « registre » et que Raymond Michel s'interroge sur les postures de lecture impliquées par l'opposition entre lecture « cursive » et « analytique ».

Quant à Caroline Masseron, elle mène une réflexion en profondeur sur les possibilités d'analyser les erreurs de langue des élèves, telles qu'elles se manifestent dans la production de leurs écrits.

 

André PETITJEAN

  

(1)  Tel était l'objet, durant l'année 1998, du séminaire de 3e cycle que j'ai animé avec Jean-Marie Privat, dans le cadre du Centre de Recherches en Didactique du Français et du Centre d'Etudes Linguistique des Textes et des Discours de l'Université de Metz.

(2)  Martine JEY, La littérature au lycée : invention d'une discipline (1880-1925), « Recherches Textuelles », n° 3, Université de Metz, 1998 ; André PETITJEAN, Jean-Marie PRIVAT (éds.), Histoire de l'enseignement du français et textes officiels, « Didactique des Textes », n° 9, Université de Metz, 1999 ; Marie-Odile ANDRÉ, Les mécanismes de classicisation d'un écrivain : le cas de Colette, « Recherches Textuelles », n° 4, Université de Metz, 2000.

 
 

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