N° 99,
« La description »

Repenser la description ?

Yves REUTER

Cet article justifie d'abord l'enseignement de la description au regard de son importance sociale et des problèmes soulevés par sa production et sa réception. Il explique la nécessité de le repenser dans la mesure où il n'a été que peu construit en fonction du champ de la didactique du français. Il propose à cette fin une formalisation fondée sur la distinction entre "descriptif" et "description", sur les traits essentiels des objets considérés comme descriptibles, sur le repérage des composantes de la description et de leur organisation en "parcours", sur les "modes de présence" et les "modes de signalement" du descriptif, ainsi que sur ses fonctions. Il se conclut sur quelques propositions didactiques.
Mots-clés : DESCRIPTION – DESCRIPTIF – COMPOSANTES DU DESCRIPTIF – PARCOURS –  MODES DE PRÉSENCE – MODES DE SIGNALEMENT –  EFFET PRINCIPAL –  FONCTIONS

Jalons pour une histoire de la description scolaire : deux « modèles didactiques »
de la rédaction / description
pour le premier cycle du secondaire

Marie-Hélène VOURZAY

Il s’agit de présenter deux modèles didactiques de la description scolaire dans le secondaire, chacun dans son cadre historique d’émergence et dans sa logique prescriptive. Ainsi est d’une part présenté le modèle structuré dans les années 1900-1910, axé sur le rituel de l’observation ascétique du réel, en référence à une psychologie de l’attention et à l’esthétique littéraire réaliste. D’autre part : le modèle élaboré par les rédacteurs de la revue Pratiques, à partir de 1974, promouvant l’écriture distanciée par l’usage de règles que les théories articulées sur le linguistique du texte permettent de mettre en évidence.
Mots-Clés : CHAMP DE LA DIDACTIQUE – COMPOSITION FRANÇAISE – DESCRIPTION – HISTOIRE –  LINGUISTIQUE – RÉALISME – RÈGLES D’ÉCRITURE – SECONDAIRE

Propos et propositions sur la description de personnages à l'école

Catherine TAUVERON

A partir des réponses obtenues à un questionnaire ouvert soumis à 114 élèves du cycle 3 de l'école élémentaire, l'article tente de mettre en lumière les conceptions qu'ils se font de la description de personnages dans les récits : sa fonctionnalité, sa distribution, ses composantes, sa structuration. Ces conceptions sont ensuite confrontées aux conduites effectives de repérage du descriptif en lecture et de traitement du descriptif en écriture. Il apparaît que les capacités concrètes d'identification du descriptif en lecture sont supérieures à ce que le niveau de conceptualisation laisserait attendre mais qu'en revanche les conduites d'écriture sont étroitement soumises à un ensemble de représentations inadaptées d'origine didactique probable. Une programmation d'activités autour du descriptif dans le récit, en rupture avec les pratiques traditionnelles, est avancée pour finir. Elle prend en compte à la fois les capacités d'observation attestées chez les élèves, leur savoir empirique souvent négligé en classe et les obstacles engendrés par un certain type de savoir enseigné.
Mots-clés : DESCRIPTION DE PERSONNAGES – CONCEPTIONS DES ÉLÈVES –  PROGRAMMATION – ÉCOLE ÉLÉMENTAIRE

Le portrait de presse : un genre descriptif ?

Isabelle LABORDE-MILAA

Le portrait de presse est un genre bien codifié, considéré comme « noble » et réputé difficile dans la hiérarchie établie par les professionnels. Pour autant, il ne coïncide pas avec la séquence descriptive. Certes, il s'emploie à décrire, mais il met aussi en jeu d'autres opérations discursives au service de l'information sur le personnage. L'article traite d'abord des régularités du genre : l'« effet de portrait » est suffisamment unificateur pour que l'on travaille, en situation didactique, sur les critères de reconnaissance. Ensuite, et surtout, ce sont les variations qui importent, depuis les fonctions du portrait dans le dispositif de la page jusqu'à sa souplesse énonciative. La description s'investit alors dans un genre polymorphe, aux visées multiples et aux frontières mouvantes. Autant de difficultés et d'intérêts pour la lecture et l'écriture-réécriture : ces niveaux de variation permettent d'affiner la représentation du genre, en les abordant isolément ou en les croisant.
Mots-Clés : GENRE – EFFET DESCRIPTIF – PARATEXTE – TYPOLOGIE – CONTEXTE –  ARGUMENTATION – VISÉES – HÉTÉROGÉNÉITÉ – BIOGRAPHIE

Parler d’une classe (la crire ?) dans un mémoire professionnel

Isabelle DELCAMBRE

L’article rend compte d’une démarche didactique visant à intéresser les professeurs-stagiaires de Lettres au problème suivant : quel sens peut prendre la description de son lieu professionnel, de sa classe, de ses élèves, dans l’écriture d’un mémoire professionnel ? La démarche empirique vise à soumettre les stagiaires à un dispositif de travail inspiré de la réflexion didactique sur les relations lecture/écriture : première écriture, lecture, écriture terminale. Les résultats montrent des évolutions entre écriture initiale et écriture terminale. Par ailleurs, si l’on compare ces textes à d’autres équivalents produits en dehors de la démarche didactique, on perçoit des variations sensibles dans la longueur et la place des textes descriptifs, ce qui peut s’interpréter comme une prise de distance par rapport aux stéréotypes d’écriture. L’intérêt en formation est d’amener à une objectivation de certains modèles de description de la réalité sociale (description sociologique vs ethnologique), prise de distance qui peut aider à clarifier les problèmes spécifiques à l’écriture d’un mémoire professionnel.
Mots Clés : ECRITURE – MÉMOIRES PROFESSIONNELS – DÉMARCHE DIDACTIQUE – RELATION ÉCRITURE/ LECTURE – DESCRIPTION SOCIOLOGIQUE – DESCRIPTION ETHNOLOGIQUE

La description en mathématiques. Quelques problèmes posés
par les descriptions géométriques

Dominique LAHANIER-REUTER

Cet article étudie le statut et le fonctionnement de la description - rarement nommée en tant que telle - dans les mathématiques et plus particulièrement en géométrie. Il explore d’abord ces questions dans l’espace des théories en montant l’importance de la nature de l’objet décrit, du rapport au projet, du type de langage, de l’ordre et des notions d’équivalence et d’exactitude. Puis il analyse un corpus de copies d’élèves constitué à partir d’une consigne mettant en jeu la symétrie axiale. Les difficultés relevées sont mises en relation avec diverses tensions référables aux analyses précédentes : oscillation entre divers projets et cadres géométriques, tension entre simultanéité des formes vues et temporalité du discours, hésitation entre contingence de la figure et universalité des propriétés mises en jeu.
Mots-clés : DESCRIPTION – GÉOMÉTRIE – SYMÉTRIE AXIALE – TENSION

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