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N° 91,
« Les fables de La Fontaine »
La réception des fables de la fontaine au dix-septième siècle :
étude et
propositions pédagogiques
Patrick GOUJON
Est-il possible de lire les "Fables" de La Fontaine à partir de données
historiques fournies par une étude de la réception ? Ce problème didactique
peut trouver des solutions en passant par une définition de la littérature
comme fait social. La place des "Fables" dans le monde de l'édition du
dix-septième siècle assure à La Fontaine une reconnaissance littéraire
et sociale possible auprès des milieux mondains lettrés dans lesquels se
fait jour une nouvelle littérature morale, parallèlement à un intérêt renouvelé
pour les animaux. Situé dans le milieu mondain, La Fontaine opère dans
ses "Fables" la synthèse des genres alors prisés et pratiqués dans l'art
social de la conversation, entretenu à la Ville comme à la Cour. C'est
dans cet entre-deux que La Fontaine confectionna son image, élabora sa
poétique et put trouver la distance qui, soutenu par l'aristocratie des
financiers, lui permit de connaître le succès et une certaine indépendance.
Des activités pédagogiques sont ensuite proposées qui mettent en lumière
l'inscription des "Fables" dans leur époque en s'appuyant sur une définition
sociopoétique de la littérature.
Mots clés : DÉDICACE FABLE GALANTERIE
HISTOIRE LITTÉRAIRE HORIZON D'ATTENTE LECTORAT PÉDAGOGIE RÉCEPTION
SOCIOPOÉTIQUE STATUT DE L'ÉCRIVAIN
La fable comme genre : essai de construction sémiotique
Karl CANVAT, Christian VANDENDORPE
L'article propose une construction sémiotique du genre « fable ». Forme prototypique
des genres narratifs, la fable est un récit bref, élémentaire, comportant
un minimum de personnages. Elle présente, cependant, une figuration générique
spécifique :
formellement, la fable se caractérise par une structure d'oppositions
statiques, de simple ou de double renversement ;
thématiquement, les acteurs
de la fable sont le plus souvent des animaux, à la fois nettement individualisés
et emblématiques d'un type humain ;
fonctionnellement, la fable vise à agir
sur le récepteur, ce qui l'apparente à la catégorie hypergénérique du récit
exemplaire.
Après s'être arrêté sur les liens étroits de la fable (et, tout
particulièremet, des fables de La Fontaine) à l'illustration, on propose,
in fine, une réflexion sur les maîtres du genre.
Mots-clés : FABLE GENRE
RÉCIT SÉMIOTIQUE DIDACTIQUE DE LA LITTÉRATURE LECTURE ÉCRITURE
De quelques caractéristiques de l'argumentation dans les Fables
(1re partie)
Caroline MASSERON
L'article présente un ensemble d'activités susceptibles d'introduire la
notion d'argumentation, ses niveaux d'analyse (pragmatique, discursif et
langagier) ainsi que ses constituants (arguments et conclusion), à travers
une sélection de "Fables" de La Fontaine. L'ensemble de la séquence didactique
est destiné à des élèves de seconde.
Le plan de l'article adopte la progression
de la séquence : l'introduction au type de texte argumentatif est conduite
par l'intermédiaire d'un tri d'extraits et se poursuit par des activités
de résumé. Ensuite, la fable est montrée dans sa double organisation, narrative
aussi bien qu'argumentative, la chute du récit venant souvent sanctionner
la réussite ou l'échec de l'argumentation interne. Par ailleurs, à un niveau
externe, la fable, en tant que "récit exemplaire" est en soi une argumentation
particulière que le fabuliste adresse à son auditoire : sans excès de moralisme
toutefois puisque aussi bien le récit développe plus souvent un contre-exemple
qu'un modèle à suivre. Ces imbrications se repèrent dans quelques fables
célèbres telles que "Le loup et l'agneau" ou encore "Les animaux malades
de la peste", textes que l'on soumet à divers canevas d'étude ou questionnements.
Mots
clés : FABLE ARGUMENT THÈSE CONCLUSION CONNECTEUR GENRE HÉTÉROGÈNE
ENJEU PRAGMATIQUE
Le didactisme en trompe-l'il des Fables de la fontaine
Marlène LEBRUN
L'objet de cet article est d'enlever à la fable lafontainienne son vernis
de didactique pour montrer que la fabuliste a créé un genre ouvert, problématique
où la morale n'est plus le lieu exclusif du sens. Si le jeu avec l'ambiguïté
relève d'une stratégie d'auteur, il n'est jamais vain et convoque en dernière
instance le lecteur-frère que la fabuliste aime à piéger. Le projet éducatif
de La Fontaine se révèle très moderne : la seule leçon que se permet de
donner le fabuliste, c'est de se garder d'en donner. Les fables se présentent
comme une uvre ouverte qui appellent de fait une cueillette de sens, une
lecture intratextuelle propice au conflit interprétatif.
Mots clés : FABLE
DIDACTISME MORALE LECTEUR INTRATEXTUALITE
Le fabuliste et l'imagier
Anne-Elisabeth SPICA
Les "Fables" de La Fontaine développent un art de l'image complet. Assortie
de planches gravées, leur présentation matérielle renvoie à celle des éditions
antérieures des Fables d'Esope, toujours illustrées, et des recueils d'emblèmes ;
voilà qui lie étroitement les fables à l'allégorie, considérée alors comme
la source du genre. Pour autant, il convient moins de déchiffer les Fables
comme des allégories « sérieuses », que de considérer la polysémie des images
gravées et des suggestions visuelles du texte comme un jeu esthétique destiné
à susciter le plus grand plaisir du lecteur.
Mots-clés : ALLEGORIE AMPLIFICATION
NARRATIVE EMBLÈME FABLE (DÉFINITIONS CLASSIQUES DE LA) ILLUSTRATION
IMAGE (LECTURE DE L'-) IMAGE (RHÉTORIQUE DE L') IMAGINATION PLAISIR
DU TEXTE VISUALISATION
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