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N° 127/128,
« L'écriture d'invention »
Lécriture dinvention : réflexions didactiques sur une réforme en cours
Yves REUTER
Lauteur propose, en tant que chercheur en didactique du français, une
approche des textes officiels sur lécriture dinvention. Il ressort de
lanalyse que les textes officiels ne proposent pas une véritable définition
de lécriture dinvention, quils réitèrent lexpression de la méfiance
traditionnelle de lécole à légard de limaginaire et quils restreignent
progressivement, dans les versions successives des programmes, le champ
de lécriture dinvention, que ce soit dans la nature des productions possibles,
dans les modalités de production ou dans ses finalités. Lanalyse des textes
officiels saccompagne dun retour critique :
sur les débats auxquels a
donné lieu lintroduction de lécriture dinvention au lycée : la hiérarchisation
entre collège et lycée, la dévalorisation de lécriture dimagination,
la question de lévaluation, le lien entre écriture dinvention et origine
sociale des élèves, le lien entre écriture dinvention et construction
de savoirs ;
sur des questions en suspens : la diversification des pratiques
décriture, le lien entre lécriture (en général) et la construction des
savoirs ;
sur des débats possibles nayant pas eu lieu : la question des
démarches à mettre en uvre ; la conception densemble de la discipline ;
les conceptions du littéraire.
Mots-clés : ÉCRITURE DINVENTION DIDACTIQUE
INSTRUCTIONS OFFICIELLES IMAGINATION ÉCRITURE DISCIPLINE LITTÉRATURE
Les ambiguïtés des textes officiels sur lécriture dinvention
Bertrand DAUNAY
Larticle revient sur les définitions de lécriture dinvention dans les
dernières instructions officielles pour le lycée, pour contribuer à la
compréhension de lémergence dun objet denseignement nouveau en étudiant
la manière dont il a été conçu. Lintérêt dune telle approche tient au
fait quil est rare que soit données à voir aussi clairement les hésitations
des concepteurs des instructions officielles, visibles dans les versions
successives des programmes et des documents daccompagnements. Lanalyse
du corpus constitué de ces diverses versions fait ressortir un certain
nombre de traits significatifs : dune part, la place de lécriture dinvention
samenuise dans les programmes, au fil des versions, au profit de la lecture
qui prime, selon le tradition de lenseignement du français au lycée ;
dautre part, la définition de lécriture dinvention reste problématique
dans les programmes, qui ont du mal à clairement la circonscrire et qui
en brouille les contours, notamment dans la détermination du mode de rapport
(hypertextuel ou métatextuel) aux textes-sources.
Mots-clés : ÉCRITURE DINVENTION
LECTURE PROGRAMMES INSTRUCTIONS OFFICIELLES COMMENTAIRE ÉCRITURE
MÉTATEXTUELLE LITTÉRATURE
Lécriture dinvention au lycée : écriture des genres ou nouveau genre scolaire ?
Nathalie DENIZOT
Dans cet article, lauteur interroge le statut actuel de lécriture dinvention
au lycée. En effet, la définition de lécriture dinvention, plutôt flottante
dans les premières versions des programmes actuels et dans les manuels
parus à la rentrée 2000, est en train de se stabiliser, notamment sous
linfluence des diverses sessions de lEAF, puisquelle est présente comme
sujet de baccalauréat. Mais, contrairement aux genres scolaires traditionnels
que sont par exemple le commentaire littéraire et la dissertation, lécriture
dinvention semble se diluer dans la diversité des consignes décriture.
La seule caractéristique commune à tous les énoncés est apparemment lexigence
dinscrire la production textuelle dans un genre non-scolaire (lettre,
article de presse, etc.). Mais cette prescription est paradoxale, et masque
les attentes scolaires réelles. Penser lécriture dinvention en terme
de genre scolaire permet ainsi de définir plus explicitement ce qui en
fait la spécificité, en terme de contenus thématiques, de position énonciative
voire de forme.
Mots-clés : GENRE SCOLAIRE GENRE LITTERAIRE GENRE DU DISCOURS
MANUELS SCOLAIRES TEXTES OFFICIELS BACCALAUREAT
Ecriture dinvention : Représentations et effets didactiques
Jeanne-Antide HUYNH
Larticle sappuie partiellement sur les résultats dune recherche effectuée
en 2000-2002 consacrée aux « effets de la mise en uvre de la réforme de
lenseignement du français au lycée avec lintroduction de lécriture dinvention ».
Lécriture dinvention est abordée sous langle des représentations des
professeurs et lanalyse se propose de montrer, à travers ces représentations,
comment lécriture dinvention, nouvel objet de savoir et de savoir-faire
scriptural proposé dans le cadre dune réforme du français, se construit,
se définit dans un temps initial et comment des positions se dessinent
et des choix « théoriques » sopèrent chez les professeurs, prémisses potentiels
dune détermination des pratiques ou de leur évolution.
Dans lenquête,
lécriture dinvention est dabord caractérisée par les modifications quelle
entraîne dans les pratiques décriture au lycée, avec notamment la généralisation
de lécriture des genres, la possibilité dun travail effectif des écrits
et la transformation positive du rapport des élèves à lécriture. Lécriture
dinvention se trouve également définie à travers limportance accordée,
par les professeurs interrogés, à la langue et aux règles décriture, importance
qui confère à lécriture dinvention un caractère « littéraire » non dénué
dambiguïté dans le cadre scolaire. Enfin, les obstacles à la « didactisation »
de lécriture dinvention soulignent une identité problématique structurée
dans des tensions provisoires, liées au début de la mise en uvre de la
réforme ou au contraire constitutives dune écriture qui vise à ouvrir
et diversifier le champ de lécriture scolaire au lycée.
Mots-clés : ECRITURE
DINVENTION ECRITURE LITTÉRAIRE ECRITURE DES GENRES ECRITS SCOLAIRES
DIDACTIQUE DE LÉCRITURE TRAVAIL DE LÉCRITURE RAPPORT À LÉCRITURE
LANGUE ET LITTÉRATURE LANGUE, EXPRESSION ET MAÎTRISE REPRÉSENTATIONS
PROGRAMMES
Lécriture dinvention au lycée : ce que disent les professeurs de leurs
pratiques
François LE GOFF
Quelles sont les pratiques de lécriture dinvention ? Dans quelle mesure
les documents de référence (I.O et accompagnements des programmes) et les
épreuves du baccalauréat déterminent-ils les modalités dapprentissage
de cet objet scolaire ? A quelles difficultés les professeurs sont-ils confrontés
dans sa mise en uvre et son évaluation ?
Un questionnaire diffusé récemment
auprès dun échantillon aléatoire denseignants de Lettres a eu pour ambition
de recueillir des données relatives aux dispositifs dapplication de lE.I
dans les classes, aux aides et accompagnements de tutelle susceptibles
de favoriser le développement des compétences scripturales.
Larticle présente
de façon synthétique les résultats du sondage dont quelques enseignements
peuvent dores et déjà être tirés. On constate dune part une homogénéité
des pratiques tant dans les supports, le statut de la pratique décriture
dans les enseignements littéraires que dans sa configuration générale,
sous la forme dune reprise de lancien sujet dargumentation. On constate,
dautre part, que cet exercice dinvention est surdéterminé par les enjeux
de restitution des savoirs et quil fait lobjet dun faible étayage pédagogique.
On relève , enfin, que lévaluation de lexercice fait problème, mettant
en lumière toute une série de discordances révélant le caractère problématique
de linscription de lE.I dans lenseignement de la littérature en classe
de lycée.
Mots-clés : ECRITURE DINVENTION AU LYCEE ENQUETE SUR LES PRATIQUES
Écriture d'invention au lycée et acquisition de savoir et de savoir faire
André PETITJEAN
Il sagit de proposer une problématisation de lécriture dinvention au
niveau du lycée. Pour ce faire, on sappuie sur les trois objectifs que
les programmes et les documents daccompagnement de 2001 allouent à lécriture
dinvention , à savoir : sapproprier les connaissances enseignées et les
restituer ; développer les facultés créatives des élèves ; continuer de développer
la compétence scripturale.
Chacun de ces objectifs fait lobjet dune réflexion
(nature des textes à produire, statut de la posture scripturale, types
dactivités et dexercices...) et est illustré par des travaux délèves.
Mots-clés :
ECRITURE DINVENTION AU LYCÉE OBJECTIFS DENSEIGNEMENT ET DAPPRENTISSAGE
CONDITIONS DE REUSSITE RAISONS DES DIFFICULTES TYPES DACTIVITES ET
DEXERCICES
Découvrir lactivité métalinguistique avec lécriture dinvention :
quelles
tâches ? quels dispositifs ?
Fabienne CALAME-GIPPET
Il ne sagit pas de défendre lidée quil faudrait aborder toutes les questions
de langue à partir de lécriture dinvention mais de proposer une réflexion
sur lintérêt de certaines tâches. Des tâches qui pourraient constituer
pour les élèves, et plus particulièrement peut-être pour ceux qui ont des
difficultés à considérer la langue comme objet détude, autant dexpériences
fondatrices dune posture réflexive.
Lobjet de cet article est de faire
un premier point sur la question des tâches décriture dinvention qui
semblent faciliter lobjectivation de faits de langue, en présentant à
lappui quelques dispositifs expérimentés au cycle 3 de lécole et au collège.
Il propose une forme de typologie des tâches décriture dinvention relatives
à un texte dauteur, en fonction du rapport établi à ce texte et des consignes
proposées, donc du type dopération cognitive que lon propose à lélève.
Dans
les quelques dispositifs brièvement décrits, sont mis en évidence le moment
décriture susceptible de favoriser lentrée dans une posture métalinguistique
et le moment où létude dun fait de langue peut être mise en perspective.
Même succincte, lanalyse de ces dispositifs met en évidence une problématique
de la mise en uvre : si un dispositif met en scène une « posture » métalinguistique,
cest autant sur la base dune créativité didactique et pédagogique que
sur laccompagnement en cours daction.
Mots-clés : METALINGUISTIQUE POSTURE
REFLEXIVE GRAMMAIRE ECRITURE DINVENTION DIDACTIQUE
Le commentaire justificatif après lécriture dinvention ou travailler
la prise de distance avec son texte
Anne-Marie TAUVERON
Permettre aux élèves daméliorer leurs productions dans le cadre de lécriture
dinvention implique quils puissent prendre de la distance par rapport
à leurs propres textes. Or, lexpérience montre quil est difficile dobtenir
deux une relecture efficace, faute dun manque de recul par rapport à
ce quils lisent. Demander aux élèves un commentaire justificatif après
quils aient écrit, oblige les scripteurs à relire leur texte pour expliquer
ou justifier leurs choix décriture. Cela leur donne donc loccasion de
revenir au texte initial, de clarifier ce quils en ont retenu, de préciser
linterprétation quils en ont retirée, et de réfléchir sur la manière
dont ils ont élaboré leur propre texte. A travers les analyses de quelques
commentaires délèves de Première après lécriture dune suite de texte,
dune parodie, dun pastiche et dun apologue, on constate que le commentaire
justificatif pratiqué de manière fréquente est utile, voire essentiel à
plusieurs niveaux. Il se montre fructueux pour lélève à qui lexercice
permet de prendre du recul par rapport à sa production écrite, de sinterroger
sur ce quil a mis en uvre pour exécuter cette tâche, de développer ainsi
ses compétences de lecteur et de scripteur en prenant conscience du fonctionnement
de sa propre écriture. Il se révèle précieux aussi pour lenseignant qui
peut sappuyer sur le commentaire justificatif pour mieux évaluer lécriture
dinvention et surtout aider lélève à réécrire son texte.
Mots-clés : COMPÉTENCES
DÉCRITURE COMPÉTENCES DE LECTURE DÉCENTRATION FONCTIONNEMENT DE SA
PROPRE ÉCRITURE PRISE DE DISTANCE MÉTACOGNITION RÉÉCRITURE RELECTURE
De lécriture dinvention en général et de lécriture autobiographique
en particulier
Marie-Claude PENLOUP
Lintroduction, au lycée, de lécriture dinvention induit une modification
salutaire du regard posé sur les élèves en ce qui concerne leur légitimité
à écrire de manière littéraire et/ ou de manière autobiographique. Larticle
envisage tout dabord la manière dont linstauration dune écriture dinvention
bouscule des représentations dun clivage radical entre écrivains et non-écrivains
(experts et non-experts) et affirme la légitimité des élèves à sinscrire
dans une démarche littéraire. Dans une deuxième partie, le regard se porte
sur une des formes de lécriture dinvention quimpose lobjet détude
« le biographique » : il sagit de lécriture autobiographique. Les enjeux
dune écriture de soi en termes dapprentissage sont dabord dégagés puis
certaines modalités concrètes sont envisagées sous un angle précis, celui
des formes darticulation possibles entre écriture extrascolaire de soi
et écriture de soi dans lespace scolaire.
Mots-clés : ÉCRITURE DINVENTION
ÉCRITURE DE SOI ÉCRITURE EXTRASCOLAIRE ÉCRITURE LITTÉRAIRE
Texte libre et écriture dinvention, quel rapport ?
Marie-France BISHOP
Lobjet de cet article est de rechercher des zones de contact entre deux
modalités décriture scolaire éloignées dans le temps et dans leurs applications :
le texte libre de la pédagogie Freinet et lécriture dinvention, exercice
de lépreuve anticipée du baccalauréat, depuis 1999. La comparaison se
fait à partir de la lecture des textes sources que sont les écrits théoriques
de Freinet lui-même et les textes officiels de première ainsi que les écrits
qui les ont accompagnés. Si au premier regard, une certaine proximité peut
être établie entre ces deux modalités rédactionnelles, qui semblent reposer
sur le désir de démocratiser lécriture scolaire, il apparaît rapidement
que leurs enjeux sont radicalement différents voir opposés. Pour Freinet,
lécriture est un moyen dentrer dans une écriture populaire qui ne peut
sépanouir que dans la spontanéité, tandis que lécriture dinvention repose
sur le principe pédagogique du modèle qui doit permettre à tous de rencontrer
et dexpérimenter les formes littéraires reconnues.
Mots-clés : TEXTE LIBRE
ÉCRITURE DINVENTION COMPARAISON CONCEPTIONS DE LAPPRENTISSAGE ENJEUX
En inventant, en écrivant au collège
Séverine SUFFYS
Lécriture dinvention au collège est un objet didactique hétérogène à
construire, au quotidien des pratiques dapprentissage dune langue maternelle,
ou langue première, en train de devenir « langue de culture ». Cest dans
ce passage dun monde connu à un autre moins familier, plus étrange, plus
abstrait - monde des mots, de la polyphonie et de la polysémie des textes
et du langage - que limagination et la créativité redonnent un souffle
à ce qui pourrait être une sorte de « nouvel esprit pédagogique » prenant
en compte linvention. Entre libération du geste de lécriture et précision
des cadres daccompagnement - pour que ce geste ne reste pas dans la spontanéité
- les sujets élèves et enseignants se font rédacteurs-passeurs, lecteurs-passeurs
décrits ; petits écrits du quotidien, pastiches de textes lus ou entendus,
mise en mots, en listes, empaquetage ou emballage de ce qui nest pas encore
tout à fait de lécrit mais qui commence à y ressembler, tant les compétences
des uns et des autres, si minimes soient-elles, entrent en résonance et
en dialogue, des unes aux autres. Parce que lélève découvre au moment
où il écrit, où il sécrit, quil nest plus tout à fait le même, quil
a grandi, un peu. Linvention des détours pédagogiques vers ou par lécriture
se ressource dans lhétérogénéité des publics délèves, dans les métamorphoses
adolescentes qui transforment une année scolaire en histoire ou en récit.
Mais elle se renouvelle dans le questionnement permanent de lactivité
langagière sur elle-même : quest-ce quécrire ? Pour quoi écrire ? Qui écrit
pour qui ?
Mots-clés : ECHECS ET REFUS SUITE DE TEXTE INVENTER IMAGINAIRE
PÉDAGOGIE PASSEURS ET PASSAGES VERS LÉCRIT FRAGMENTS DÉCRITS GESTES
DE LÉCRITURE EXPÉRIENCE DÉCRITURE ACTIVITÉS « HOLISTIQUES » JEUX DÉCRITURE
ECRIRE EN JE RAPPORT AU MONDE
Ambiguïtés de lécriture dinvention au lycée : un champ non stabilisé
Yves MAUBANT
Situé dans un schéma didactique « restreint » : celui dun professeur qui
prépare les épreuves écrites de lEAF dans une classe de 1re (STI), cette
étude articule témoignage, réflexions et repères problématiques pour développer
lhypothèse dun champ non stabilisé, et sans doute non stabilisable. Ces
questions posées à lécriture dinvention se situent notamment dans le
cadre de dynamiques de projet qui viennent conclure les séquences didactiques
élaborées à partir des objets détude par des propositions motivantes de
sujets dinvention. Elles sont reliées à des questions posées aux chercheurs
ou à des réponses données dans ce numéro de Pratiques.
Les « repères problématiques »
dun praticien ont donc été reliés dabord à lhétérogénéité du cahier
des charges didactique pour lécriture dinvention au lycée, décliné en
huit rubriques qui vont du groupement de textes fondateur à la question
du style. Même si de nouvelles pratiques pédagogiques, liées entre autres
à lutilisation des Technologies de lInformation et de la Communication
viennent enrichir le champ problématique de lécriture dinvention au lycée,
il reste nourri dambiguïtés quant à lévaluation et au fait que lactivité
de réécriture et le transfert générique doivent créer un discours vraisemblable.
Enfin, les difficultés viennent du choix commun dune écriture argumentative
et des genres prescrits par cette argumentation, genres de discours qui
ne sont pas forcément des genres littéraires, ou surtout suffisamment classiques,
cest-à-dire faisant lobjet dun apprentissage dans les classes. Ce que
quelques études de cas, formulées à partir de sujets extraits des annales
révèlent ensuite, cest quil sagit de procéder à plusieurs réévaluations
didactiques, qui tiennent compte de contraintes discursives complexes et
permettent une lévaluation critériée liée à la construction dun référentiel
de formation. Des questions posées aux chercheurs concluent ce tableau
critique.
Réécriture et écriture dinvention : lexemple de la fable
François LE GOFF
Cet article se propose dexaminer la façon dont lécriture dinvention
peut être introduite à différents moments dune séquence consacrée à létude
de textes littéraires. Les quatre étapes de létude sont les suivantes :
1. Une
lecture critique de lE.I fondée sur une opération systématique de « reproduction-imitation »
et des interrogations que cela pose : statut des textes littéraires qui
servent le recensement des procédés littéraires, fonction des productions
délèves qui demeurent dans une logique de contrôle des connaissances,
format des protocoles didactiques qui maintiennent une distribution conventionnelle
des attributions de la lecture et de lécriture dans les apprentissages.
2. Une
réflexion sur une alternative possible à limitation en ouvrant la pratique
scripturale aux ressources de la réécriture. Un modèle pédagogique, décrit
sous le nom de "réécriture en séquence(s) (R.e.S.)" invite à reconsidérer
les composantes et les valeurs de la réécriture dans une démarche dappropriation
du texte littéraire fondée sur les représentations de lélève et les variations
textuelles du genre.
3. Un examen de lapplication du modèle à létude du
genre de la fable, organisée autour de lanalyse du Livre X des Fables
de La Fontaine.
4. Un commentaire de la production dun élève de première
littéraire : quatre variantes dune fable sont successivement analysées
afin de montrer le rôle de lécrit dans la construction dun savoir littéraire.
En
décomposant les phases de production, la R.e.S redéfinit les interactions
lecture/écriture et par voie de conséquence la notion même de séquence
dans lenseignement du français. Elle vise en outre un autre positionnement
de lélève vis-à-vis de la pratique de lécriture dinvention en privilégiant
une dynamique du processus rédactionnel et un travail centré sur les variations
langagières en situation de production écrite.
Mots-clés : FABLE DIDACTIQUE
DE LÉCRIT INVENTION REECRITURE SÉQUENCE VARIANTE
Ecriture dinvention au lycée et écriture à contraintes
Carole BISENIUS-PENIN
Cet article se propose de sinterroger sur lintérêt de la littérature
à contraintes dans lenseignement au lycée et plus exactement sur les liens
pouvant sétablir entre lécriture dinvention proposée au baccalauréat
et les écritures à contraintes oulipiennes. En effet, quelles relations
peut-on établir entre écriture à contraintes (linventio oulipienne) et
écriture dinvention (linventio scolaire) ? En d'autres termes : comment
lécriture dinvention peut-elle favoriser les apprentissages lectoraux
et scripturaux au lycée ?
La première partie de larticle porte sur lart
de la contrainte dans la poétique oulipienne et sinterroge sur linteraction
ou lopposition possible entre création sous contraintes et invention,
avant daborder la contrainte en tant quaide à la production et à lévaluation
scripturale au lycée.
Dans la seconde partie, il sagit de montrer lenjeu
et lintérêt des pratiques hypertextuelles dobédience oulipienne concernant
lécriture dinvention, tant du point de vue des compétences scripturales
mises en uvre, que de celui des compétences métascripturales développées.
En guise dillustration, on propose une présentation de propositions didactiques
à partir de quelques ateliers décriture portant sur les réécritures oulipiennes
et le roman à contraintes.
Mots-clés : CREATION INVENTION ECRITURE REECRITURES
OULIPO CONTRAINTE POSTURE AUCTORIALE REFLEXIVITE METATEXTUALITE HYPERTEXTUALITE
EVALUATION
Accompagner lécriture dinvention en classe
Anne-Marie TAUVERON
Cet article donne des repères pour construire une aide à lapprentissage
de lécriture dinvention en classe. Après avoir montré comment lon pouvait
sinspirer de « létayage de tutelle » défini par J.S. Bruner, en ladaptant
à lapprentissage de lécriture et au contexte de la classe de lycée, trois
accompagnements sont décrits en classe de Seconde et en classe de Première.
Lun sur lécriture biographique, le deuxième sur lécriture dune nouvelle
fantastique, le troisième sur lécriture de poésie inspirée de rêves. Dans
ces trois « étayages » lon retrouve des éléments similaires : une anticipation
précise des difficultés que les élèves peuvent rencontrer avec une planification
décritures enchaînées, un dispositif découte et de conseil, une mise
à distance de sa production par le commentaire écrit ou oral, une réécriture
guidée. Mais chaque accompagnement a sa spécificité : il sagit de trouver
des solutions qui permettent de répondre au problème du nombre. Comment
instaurer la relation quexige l« étayage de tutelle » entre un adulte et
au minimum trente élèves ? La délégation du guidage à des petits groupes,
le passage par la réflexion écrite des élèves sur les problèmes rencontrés,
un dialogue différé, à plusieurs voix, relayé par les groupes, telles sont
quelques-unes des suggestions qui émanent de la pratique.
Mots-clés : ANTICIPATION
DES DIFFICULTÉS ECRITURE À PLUSIEURS MAINS ECRITURES ENCHAÎNÉES ETAYAGE
DE TUTELLE MISE À DISTANCE MÉTACOGNITION PLANIFICATION PROBLÉMATISATION
DE LÉCRITURE RÉÉCRITURE GUIDÉE EN GROUPES RELATION DÉCOUTE ET DE CONSEIL
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