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N° 100,
« Les temps verbaux »
L'infinitif du verbe
Marie-Noëlle ROUBAUD
L'école présuppose que le lien entre une forme conjuguée et son infinitif
est antérieur à l'apprentissage scolaire, du moins c'est ce qu'indiquent
les exercices dans les manuels scolaires. Une enquête, menée auprès d'une
centaine d'enfants de 7 à 11 ans de différents milieux, met en lumière
les procédures employées par les élèves pour résoudre la tâche qui est
de produire un infinitif à partir d'une forme verbale donnée. Cette mise
en paradigme n'est pas du tout évidente et à l'écrit, c'est le procédé
mécanique qui domine, amenant l'élève à produire des formes qu'il ne prononcerait
jamais. Le test oral montre que l'enfant recourt à la morphologie du verbe
pour trouver l'infinitif, avec des succès plus ou moins grands selon les
lexèmes. L'enquête met en évidence que, pour "falloir", il existe un véritable
« trou » dans le domaine de la relation morphologique.
Mots clés : INFINITIF
AXE PARADIGMATIQUE DIMENSION SYNTAGMATIQUE ENQUÊTE CORPUS ÉCRIT/ORAL
ENFANTS DE 7-11 ANS PROCÉDÉ MÉCANIQUE PROCÉDÉ SYNONYMIQUE PROCÉDÉ SYNTAGMATIQUE
MORPHOLOGIE VERBALE
Construire la mémoire en oubliant le passé : de l'usage paradoxal
des temps
verbaux dans les manuels d'histoire
Annette BEGUIN
Le développement de la pensée permet une représentation de plus en plus
complexe du temps. Les outils pédagogiques qui permettent cet apprentissage,
et notamment les manuels d'histoire, méritent d'être examinés avec la plus
grande attention. Leur écriture permet-elle une meilleure appropriation
des concepts temporels ? L'examen d'un corpus étendu de manuels à destination
des 9-12 ans laisse percevoir des manquements à la lisibilité sur ce point
et plus particulièrement un usage inadéquat des temps verbaux. Le système
du récit est en effet abandonné au profit d'un usage quasi exclusif du
présent, ce qui génère des ambiguités et peut entraver la construction
mentale du passé chez les élèves.
Mots-clés : MANUEL HISTOIRE RÉCIT TEMPS
VERBAUX LISIBILITÉ
Variétés du présent dans le discours des historiens
Françoise REVAZ
Traditionnellement, le présent grammatical est désigné comme le temps de
la coïncidence entre le moment de lénonciation et le moment du procès.
Par conséquent, les emplois du présent dans un contexte de « non actualité »,
le présent dans un texte historique par exemple, sont considérés comme
des emplois « décalés » ou « figuraux ». Sappuyant sur lobservation de huit
textes dhistoriens, Françoise Revaz tente de montrer dans cet article
que, sous lapparente diversité des emplois du présent, il existe un sème
commun permettant dopposer globalement cette forme verbale à toutes les
autres.
Mots-clés : PRÉSENT HISTORIQUE (OU DE NARRATION) PRÉSENT DÉICTIQUE
PRÉSENT GNOMIQUE (OU DE VÉRITÉ GÉNÉRALE) PLAN D'ÉNONCIATION ISOCHRONIE
ORGANISATEUR TEMPOREL ASPECT
Le conditionnel d'altérité énonciative et les formes du discours
rapporté
dans la presse écrite
Pierre Patrick HAILLET
Cet article présente une étude des emplois du conditionnel et en propose
la classification en trois catégories fondamentales : conditionnel temporel,
conditionnel modal d'hypothèse et conditionnel modal d'altérité énonciative.
Chacune de ces trois catégories est définie en termes d'interprétations
qu'un énoncé donné au conditionnel admet et exclut. Le conditionnel d'altérité
énonciative est considéré comme un moyen linguistique d'inscrire, dans
l'énoncé, la dissociation entre l'énonciateur du discours citant et la
source de l'assertion citée. C'est dans cette perspective que sont abordés
deux aspects particuliers du discours rapporté au conditionnel. La dissociation
qui s'opère entre deux instances d'énonciation est examinée en relation
avec l'attitude du locuteur à l'égard de l'assertion citée. Le conditionnel
d'altérité énonciative est ensuite mis en contraste avec d'autres formes
verbales qui caractérisent le discours rapporté, y compris avec le conditionnel
temporel.
Mots-clés : CONDITIONNEL FORMES VERBALES ALTÉRITÉ ÉNONCIATION
MODALISATION MISE A DISTANCE DISCOURS RAPPORTÉ ANALYSE DU DISCOURS
MÉDIAS (PRESSE)
Pour en finir avec le couple récit / discours
Jean-Michel ADAM
Le système des temps de l'indicatif du français a été, depuis près de trente
ans, pensé sur la base de deux dichotomies proches, celle de Benveniste
et celle de Weinrich. Ces deux thèses ont conduit au célèbre couple « récit /
discours ». Toutefois, outre l'interaction directe du type « discours », la
coexistence de deux façons de construire des mondes narratifs en français
le passé simple et le passé composé permet une distinction entre diégétisation
autonome et diégétisation liée. D'autre part, la valeur particulière du
« présent de définition » oblige à considérer un quatrième sous-système,
atemporel. Nous proposons donc de passer de la dichotomie « récit / discours »
à quatre sous-systèmes constitués par des regroupements préférentiels de
temps verbaux, de pronoms personnels sujets et d'adverbes.
Mots clés : RÉCIT
DISCOURS HISTOIRE ÉNONCIATION DIÉGÉTISATION TEMPS VERBAUX SOUS-SYSTÈMES
La notion de point de vue dans le discours
Elisabeth NONNON
L'enseignement de l'argumentation pose crûment le problème de l'articulation
des savoirs et des valeurs : les modèles et savoirs auxquels il se réfère,
empruntés à une rhétorique restreinte formaliste et à une conception persuasive
et agonistique de l'argumentation sont peu cohérents avec les valeurs moyennes
qu'il invoque. En témoigne le vide théorique, excepté l'inventaire des
focalisations narratives, sur la notion de point de vue, pourtant omniprésente
en didactique du français. Or pratiquer l'argumentation comme lieu de construction
et de socialisation du jugement dans un espace de discussion rationnelle
suppose d'aider les élèves à envisager les mêmes objets de discours dans
des perspectives multiples et à des niveaux différents. Il faut donc clarifier
les acceptions du terme, les conditions cognitives, discursives, culturelles,
idéologiques de la construction du point de vue personnel et de la reconnaissance
du point de vue d'autrui. Cela oblige à donner un réel statut aux problèmes
d'acceptabilité des arguments, à la dimension épistémique et axiologique
du travail sur les notions et les positions de discours dans l'argumentation,
et à s'interroger sur les valeurs intrinsèques aux savoirs qu'on mobilise
comme sur les savoirs dont on dispose sur ses propres valeurs.
Mots clés :
POINT DE VUE FOCALISATION ARGUMENTATION POLYPHONIE SCHÉMATISATION
CONSTRUCTION DES OBJETS DE DISCOURS CHAMPS CONCEPTUELS POSITIONS ÉPISTÉMIQUES
AXIOLOGIE
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